Une succursale du Familistère à Sens au début du 20e siècle

Publié le 28 novembre 2024

Le Familistère de Sens était une enseigne de distribution française de type coopératif qui proposait des produits de qualité à des prix défiant toute concurrence. L’épicerie était tenue par la famille Arcelin au début du 20e siècle et située au 72 rue de la République, en lieu et place de l’actuel magasin de vêtements Caroll. Cette boutique était l’une des succursales (n°626) des Docks Rémois, société créée en 1887 par un regroupement d’épiciers de Reims. L’entreprise fournissait plus de 860 magasins dans une dizaine de départements avant la première guerre mondiale dont celle de Sens et environ 1.500 avant la seconde. Les succursales furent peu à peu démantelées dès les années 70 et les Docks Rémois cessèrent leur activité en 1988.

Ce modèle de magasins a été imaginé selon les idéaux de l’industriel Jean-Baptiste André Godin, fondateur du Familistère, ou Palais social, véritable petit village dans la ville de Guise (Aisne) dont l’histoire prend sa source en 1858. Issu d’une famille d’artisans-serruriers, Godin créé son propre atelier de serrurerie-fonderie en 1840. Il s’intéresse de plus en plus à la question sociale, notamment à travers son ouvrage Questions sociales (1871). Il fait construire des habitations pour ses ouvriers et leurs familles inspiré par le philosophe Charles Fourier et son « phalanstère » qui prône une société basée sur l’harmonie universelle. Jean-Baptiste André Godin meurt à Guise le 15 janvier 1888 des suites d’une opération pour une obstruction intestinale.

Très dévouée sa cause, son épouse Marie-Adèle Moret-Godin a joué un rôle très important dans l’édification du Familistère de Guise, offrant également à l’éducation une place prépondérante, et œuvrait parallèlement pour l’intégration des femmes dans la gestion de l’association du Familistère. Par ailleurs, elle connaissait bien la ville de Sens où vivait sa sœur et où son neveu par alliance Jules Prudhommeaux, alors professeur de Lettres au lycée. Elle fut institutrice en école primaire, puis directrice d’école et format de nombreuses institutrices avant d’être la secrétaire de son époux. Et c’est à Sens, auprès de sa famille, que Marie Moret rendit son dernier soupir, le 14 avril 1908 à l’âge de 68 ans, suite à une longue maladie. Elle fut ensuite inhumée à Guise aux côtés de son époux.

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