Il était une légende : Samothès, le tout premier Sénonais

Publié le 16 septembre 2024
« Il monta sur mer, fit voile en Grèce, où il laissa du peuple qu’il nomma Yones du nom de Yonichus, son oncle puis descendit en Italie où il visita son frère ainé (Gomer), passa les Monts et entra avant dans la Gaule, jusqu’à ce qu’il vînt faire station le long d’une petite rivière qu’il nomma Yonne. Trouvant près des cousteaux de la rivière d’Yonne, le pays beau et fertile, Samothès délibéra faire illec sa demeure, et y commença une cité qu’il nomma de son nom Zenone, et depuis Senonense. Trouvant dans le pays, pierre, sable et bois, ils firent sur une montagne, où de présent il y a une église de Saint-Bon, quelques bâtiments, du moins pour loger leur chef et les principaux des familles, à la conduite desquels ouvrages Samothès vaquait journellement ».
En 1838, Théodore Tarbé rapport le récit de trois auteurs, d’après les écrits d’Annius de Viterbe, historien italien du 15e siècle néanmoins considéré comme faussaire. Samothès, l’un des onze enfants de Noé et Adâtanêsès, avait convaincu son père et son grand-père de le laisser partir en Gaule. Il aurait bâti une grande cité qui traversait la rivière d’Yonne jusqu’au bas des montagnes de Saint-Bond et Saint-Martin qu’il appellera « Aleuse ». Selon certains auteurs, la cité ne devint « Senonense » que plus tard. Sens aurait également porté le nom d’ Allobria », donné par le 15e roi des Gaules, Allobrogus, puis Orbandelle (ou bandées d’or), en souvenir des trois chaînes d’or qui cernaient la ville autrefois pour témoigner de son opulence.
Cette légende, transmise de génération en génération, n’a peut-être aucun fondement. Elle est une mode selon le comte de Marsy, historien et archéologue du 19e siècle : « une de ces fables qui avaient encore cours au 17ème siècle, où chaque ville devait avoir pour fondateur, à défaut d’un personnage biblique, quelque personnage de l’Illiade ou tout au moins un lieutenant de César ». « Serait-il alors possible que la pérennité de ces anecdotes tienne à la fierté du Sénonais la fierté du Sénonais » s’interroge la professeure d’histoire Bernadette Dell’Unto. Un Sénonais « soucieux de transmettre une tradition quelles que soient les connaissances de l’historien, non par devoir mais convaincu de détenir un petit quelque chose de rare et de précieux, témoin d’un passé, qui sait, peut-être exceptionnel, ne serait-ce que parce que l’histoire est parvenue jusqu’à nous ».








