Marcel Petiot, le serial killer icaunais pendant l’Occupation

Publié le 25 septembre 2026

Mars 1946. À Paris, Marcel Petiot comparaît devant la cour d’assises de la Seine. Le procès s’ouvre le 18 mars. Jugé pour 27 assassinats, l’ancien médecin de Villeneuve-sur-Yonne affiche un bilan considérablement plus élevé que Jack l’Éventreur. Au procès, il revendique 63 meurtres lors de sa défense, prétendant avoir éliminé des ennemis de la France. Il sera guillotiné le 25 mai 1946 à la prison de la Santé « sans que le mystère de son butin, issu du pillage de ses victimes, ne puisse être résolu » indique le ministère de la Justice.

Rien ne semblait destiner cet homme né à Auxerre en 1897 à devenir l’une des figures les plus célèbres du crime français. Le parcours de Marcel Petiot est même plutôt honorable, mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, puis réformé en 1918 suite à une blessure. Il devient médecin, bénéficiant cursus accéléré grâce à un dispositif légal d’après-guerre et obtenant son diplôme avec la mention « très bien » en 1921.

En 1922, Marcel Petiot s’installe à Villeneuve-sur-Yonne et bénéficie rapidement d’une réputation de médecin dévoué. Des témoignages rapportés plusieurs décennies plus tard évoquent encore un praticien qui « ne faisait pas payer les pauvres ». La politique lui ouvre également ses portes. Élu conseiller municipal en 1925, il devient maire en juillet de l’année suivante, à seulement 28 ans.

Mais derrière cette réussite, des controverses apparaissent. Sa gestion municipale et sa probité sont contestées. Le médecin séjourne aussi à plusieurs reprises en hôpital psychiatrique pour « anormalité et inadaptation mentale ». On lui diagnostique en effet des troubles psychiatriques à plusieurs moments de sa vie, notamment lorsqu’il est réformé en 1918.

Marcel Petiot est révoqué de ses fonctions municipales en septembre 1931. Il sera pourtant de réélu en 1928, cette fois en tant que conseiller général du canton. En 1934, il est condamné pour vol de courant électrique mais il a déjà quitté Villeneuve-sur-Yonne depuis longtemps, installé à Paris.

C’est là que son nom va entrer dans l’histoire criminelle.

Le 11 mars 1944, des voisins alertent les autorités à cause d’odeurs pestilentielles et de fumées provenant de son hôtel particulier du 16e arrondissement. La découverte est particulièrement macabre : les enquêteurs retrouvent les restes de 27 corps, ainsi que 72 valises contenant 655 kg d’objets divers, dont environ 1.760 pièces d’habillement.

L’affaire devient l’un des grands procès criminels de l’après-guerre et connaît un retentissement considérable. La presse se passionne notamment pour le retour de Petiot sur les lieux du crime, escorté par les enquêteurs et cerné par les journalistes. « Petiot, menottes aux mains, y refait le chemin que firent naguère ses victimes lorsque, cherchant une sortie hors de France, elles ne trouvèrent que l’entrée d’une tombe » peut-on entendre dans l’édition du journal France Actualités de mars 1944.

Le médecin attirait chez lui essentiellement des personnes qui cherchaient à fuir la France occupée. Il prétendait à l’époque être un grand résistant et disposer d’un réseau capable de les faire passer à l’étranger. Ses victimes ne repartiront jamais.

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