Il était une fois... un éléphant rue Mondereau

Publié le 3 novembre 2024
Dans son ouvrage Sens d’autrefois, Jean-Patrick Serrurier rapporte une anecdote qui aura marqué l’histoire des passages des cirques à Sens, tiré du journal L’Avenir de l’Yonne du 1er juillet 1900.
« Un éléphant, ça trompe énormément.
« Mardi dernier, vers 10 heures et demi, la ménagerie Bostock faisait son entrée en ville, aux sons d’un orchestre juché au sommet d’un char, traîné par deux éléphants et quelques chameaux. Un Sénonais voulut mettre à exécution le projet qu ’il avait formé de s’amuser au détriment de l’un des pachydermes, faisant l’ornement de l’établissement. A cet effet, il se munit d’un petit pain et quand l’attelage défila dans la Grande Rue, il présenta cette friandise à l’un des éléphants, qui dirigea sa trompe du côté de cette offrande. Mais notre homme, croyant faire une plaisanterie absolument gratuite, lui frappa sur la trompe avec le petit pain, objet de la convoitise du gros éléphant, qui ne parut pas satisfait de cette mauvaise plaisanterie. Une idée lumineuse traversa le cerveau du pachyderme, dont les yeux pétillaient de malice ; il balança deux ou trois fois sa trompe de droite à gauche, puis soudainement, l’abattit sur le fumiste qui venait de se payer sa tête. Et sans plus de façon il l’enleva délicatement, et le coucha tranquillement sur le sol aux applaudissements de la galerie qui s’amusa fort de l’à-propos de l’éléphant et de la déconvenue de son adversaire. La leçon était bonne et la farce excellente ». »








