Comment la mort d’un chef sénon a mené à la bataille d’Alésia

Publié le 26 septembre 2024

Grande est la fierté des Sénonais face à la témérité de Brennus, le chef gaulois qui mena tous les peuples Sénons à l’assaut de Rome au 4e siècle avant notre ère. Mais il est d’autres héros sénonais notamment le chef Acco qui inspira des milliers de Gaulois au-delà de sa mort, jusqu’à la bataille d’Alésia.

En 53 avant notre ère, Acco ou Accon, probablement, « le Fougueux » en Gaulois, est connu grâce aux mentions de César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Rappelons juste que les Sénons, dont le territoire s’étendait au nord de l’Yonne et à la partie sud de la Seine-et-Marne avec pour capitale Agendicum (actuelle ville de Sens), ont particulièrement marqué le général romain. Il reconnait à maintes reprises ce peuple comme un adversaire redoutable. Et près de 300 ans plus tard, la détermination des Sénons demeure souveraine. Acco ne fera pas exception.

Pendant la guerre des Gaules, César fut mis en alerte par le déploiement des troupes celtes, notamment des Trévires en Gaule Belgique. Ces derniers avaient appelé les Germains à combattre à leurs côtés et des Sénonais, qui se concertèrent avec leurs voisins les Carnutes. Ces peuples ne participèrent pas à l’assemblée de la Gaule convoquée par César. L’empereur « regarda cette conduite comme un signal de guerre et de révolte ». En outre, il déplaça l’assemblée à Lutèce, aujourd’hui Paris, qui ne semblait pas prendre part au complot.

Sans réelle organisation militaire, avec des troupes sans place de défense ni garnison, ce soulèvement des peuples de Gaule contre l’armée romaine n’en était que plus admirable. Mais leur détermination à lutter obligeait César à la méfiance voire à accélérer ses opérations. Ainsi les troupes romaines attinrent le territoire Sénon plus rapidement que prévu. Et Acco dût se résoudre à abandonner son projet de rassemblement dans les places fortes de la coalition et de capituler, suivi de près par les Carnutes puis des Ménapiens (au nord de la Gaule Belgique).

Mais cette « paix » obtenue au prix de centaines d’otages et d’excuses des chefs par l’intermédiaire de députés fut de courte durée. Car les peuples alliés n’avaient pas pour autant abandonné leur projet de révolte et agissaient dans l’ombre. Les Germains attaquèrent le camp romain par surprise créant un véritable mouvement de panique au sein de la légion. Mais ils furent forcés de se retirer à l’approche d’autres légions menées par César qui envoya ses troupes ravager les villages et les terres. Le général convoqua alors une nouvelle assemblée à Durocortore (aujourd’hui Reims) où « il résolut d’informer sur l’affaire des Sénonais et des Carnutes ».

Acco fut condamné à mort et exécuté selon les usages romains (attaché à un poteau, battu de verges, puis décapité). « Quelques autres prirent la fuite, dans la crainte d’un jugement. Après leur avoir interdit le feu et l’eau, César envoya deux légions en quartiers d’hiver chez les Trévires, deux chez les Lingons et les six autres chez les Sénonais, à Agendicum ».

Alors qu’il pensait la Gaule pacifiée, César se rendit en Italie pour y tenir les assemblées. Echaudés par la mort de leur chef Acco, les peuples alliés crièrent vengeance, se sentant prêts à relancer la guerre, promettant des récompenses à ceux qui oseraient l’initier et donner leur vie pour délivrer la Gaule. Les Carnutes lancèrent un assaut à Génabe (Orléans).

Le message fut passé dans tous les villages de Gaule jusqu’en Auvergne où Vercingétorix décida à son tour de saisir les armes. Mais les peuples gaulois, menés par leur nouveau chef arvergne, ne remportèrent malheureusement pas la bataille d’Alésia. En août 52 av. J.-C., assiégée depuis deux mois et à court de vivres, l’armée gauloise ne parviennent pas à percer les lignes de défense des Romains. Vercingétorix se vit contraint de se rendre.

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