Jean-Charles-François Tuet, un érudit sénonais fier de ses origines

Publié le 28 décembre 2024

Bien qu’il n’ait pas bénéficié de la même notoriété que Voltaire ou Rousseau, Jean-Charles-François Tuet, né à Sens en 1742, a contribué à la littérature et à l’étude de la rhétorique au 18ᵉ siècle par de nombreux ouvrages, notamment Le Guide des humanistes, ou Premiers principes de goût. En 1789, il fait paraitre Matinées sénonoises ou Proverbes françois, suivis de leur origine, ouvrage imprimé à Sens par la maison Tarbé qui explore l’origine des proverbes français et leur rapport avec ceux des langues anciennes et modernes. On y a apprend, entre autres, qu’à Sens, les présents offerts à quelqu’un au moment de Pâques ( on disait que l’on donnait ses œufs de Pâques, ou œufs rouges), étaient appelés les Roulées.

Un titre « simple et vrai » dans lequel l’auteur tenait à faire apparaitre ses origines sénonaises en dépit des conseils d’un ami persuadé qu’il serait mal reçu à Paris, Sens se situant en province. Mais Jean-Charles-François Tuet défend sa position avec ferveur dans sa préface par ces mots :

Pourquoi, en effet, un livre rougirait-il du lieu de sa naissance ? S’il est bon, il honorera sa patrie, et le nom de celle-ci, quelle qu’elle soit, ne lui peut rien ôter de son mérite : s’il est mauvais, la suppression de son origine ne le rendra pas meilleur. Et puis, que faut-il donc pour faire un ouvrage passable, dans le genre de celui-ci ? Des yeux et une plume.
Certes ! la Province serait bien disgraciée des Muses, si Paris avait le privilège exclusif de faire en littérature un bon usage de ces deux instruments. J’ai donc persisté à conserver mon Titre, et je n’ai pas voulu mentir au Public dès la première page. Cette petite supercherie eût été un aveu de ma faiblesse ; et quand on court le risque de l’impression, on doit avoir quelque bonne idée de son ouvrage, fût-il d’ailleurs la plus misérable de toutes les rapsodies. Au ciel ne plaise que le mien soit qualifié de la sorte, et qu’un lecteur impartial, fâché de lui avoir consacré quelques moments de loisir, le rejette avec dédain, en lui disant : Poteras tutior esse domi !

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