Augusta Hure : La toute première femme de France à la tête d’un musée était sénonaise

Publié le 20 novembre 2024
Augusta Hure, née à Sens en 1870, est l’une des preuves que tous les chemins ne sont pas tracés. Issue d’une famille de vignerons dont le père meurt en 1883, elle se voit obligée de mettre un terme à sa scolarité pour aider sa mère dans sa nouvelle boutique de modiste installée dans la Grande Rue à Sens.
Augusta Hure est écrivain, poète. Elle alimente ses carnets intimes et la presse locale, des articles qu’elle signe du nom de Savinienne Delavanne. Elle est passionnée par la préhistoire, l’histoire ou encore la géologie et intègre la Société des Sciences historiques et naturelles de l’Yonne en 1907, après plusieurs années de voyage avec sa mère. Puis c’est la Société Préhistorique française qu’elle rejoint en 1913, et enfin la Société Archéologique de Sens en 1949.
Mais c’est en 1920 qu’elle marque l’histoire sénonaise, nommée au poste de Conservatrice du Musée municipal de Sens et du Musée d’histoire locale Jean Cousin par Lucien Cornet, alors maire de la ville. Elle sera même la première femme de France à occuper un tel poste, ce qui fait d’elle une pionnière dans un domaine qui était alors presque exclusivement réservé aux hommes. Elle consacrera une grande partie de sa vie à enrichir et organiser les collections des deux musées, ainsi qu’à les documenter de manière scientifique.
Augusta Hure laisse en héritage 112 articles et notices scientifiques, 85 articles de presse et surtout 3 ouvrages de référence. Jusqu’à sa mort en 1953, elle reçoit de nombreuses récompenses pour ses travaux ainsi que la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1952. La même année, elle lègue tous ses biens à la ville de Sens l’entretien et à l’enrichissement des collections des musées et reçoit le titre de Bienfaitrice de la ville. Depuis 1959, une rue du quartier sud de la ville porte son nom.








