A découvrir (ou à redécouvrir), le tombeau du dauphin de France dans la cathédrale de Sens

Publié le 18 mars 2025

Commandé par Louix XV, le tombeau de son fils Louis le dauphin (titre de l’aîné d’une famille royale) et de son épouse Marie-Josèphe de Saxe fut mis en place dans le chœur de la cathédrale Saint-Etienne par le célèbre architecte Germain Soufflot. En marbre blanc et vert, aux ornements de bronze, le socle du mausolée, sur lequel sont posées les urnes censées contenir leurs cendres, est surmonté d’une sculpture réalisée par Guillaume Coustou fils, sculpteur du roi, de 1767 à 1777. Mort à l’âge de 35 ans le 20 décembre 1765, avant son père, Louis le dauphin n’a jamais accédé au trône. Son épouse décède deux ans plus tard. Ils laissent trois enfants qui deviendront rois de France, Louis XVI, Louis XVIII et Charles X dont le manteau est exposé dans la salle du trésor. L’historien local Gérard Daguin rapportait aussi que « leur sépulture a été violée sous la Révolution » et « jetés au cimetière de Sens dans une fosse commune en 1794 avant que leurs restes ne rejoignent, à la restauration, le chœur de la cathédrale ».

Une œuvre d’art funéraire marquante pour laquelle le sculpteur aurait « déployé toutes les ressources de son génie et de son talent » d’après l’un de ses contemporains, Jean-Charles Deloynes, avocat au Parlement de Paris et conseiller auditeur à la Chambre des Comptes dans ses Réflexions sur le monument. « Ce monument fait pour honorer le siècle qui l’a produit, offre les beautés de l’antique et semble, de plus, respirer un sentiment que l’on ne trouve peut-être pas toujours même dans les chefs d’œuvre des anciens » ajoute l’auteur. Et un tombeau riche en symboles tels que l’Immortalité incarnée par une femme couronnée tenant un miroir et une balance, la Religion représentée la croix et une couronne d’étoiles, et à leurs pieds, le génie des Sciences et des Arts, avec un chérubin penché sur une mappemonde, un compas dans la main. On y retrouve aussi l’Amour conjugal ou le Mariage représenté par un chérubin qui brise une chaine, ou génie de l’hymen, symbolisant la fin d’un mariage par la mort.

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